Rencontre avec Daniel CARLET
 Compositeur - Arrangeur & Direction musicale

Daniel CARLET
Un jour, Daniel CARLET m'évoquait ses premières rencontres avec la musique américaine. Ce "jazz qui swinguait", il avait appris à l'aimer dans la base U.S. de La Rochelle, dans un Shape (Suprême Headquarters Allied Powers in Europe), que l'OTAN avait implanté dans la France de l'après-guerre.

Lieu mythique des grands frères libérateurs. Espace magique où résonnèrent pour un grand nombre de Français les premiers accents du boogie-woogie.

Ce répertoire musical : Daniel CARLET le connaît bien. Il composera pour le spectacle une musique originale. C'est avec son Swing Boogie Band, que nous le ferons entendre dans le spectacle.

SHAPE racontera donc le rapprochement des Français et des "occupants" américains qui allaient en peu de temps importer une nouvelle manière de penser le monde.

Une nouvelle musique aussi.

Cette musique qui apparaît bien comme une musique de passage, une musique dont toute l'essence consiste à se laisser hanter doublement par ce qui fut, et ce qui va être.



Entretien avec Daniel CARLET (SWING BOOGIE BAND).

A. FORNIER : D'où te vient cette passion du jazz ?

D. CARLET : Dans mon enfance très tôt j'en ai écouté sur le vieux poste des années 30 de ma grand-mère. Et puis plus tard, après le conservatoire, j'ai commencé à roder dans les clubs de jazz. Nous y écoutions du new-Orléans, du middle-jazz et du be-bop sur lesquels nous dansions...

A.F. : Ensuite, tu as commencé à en jouer toi même...

D.C. : Oui. Au début, je jouais dans les grandes formations. A l'époque, les musiciens étaient très imprégnés des musiques swing et boogie des années 40 et 50... et également du cotton des années 30... La musique que nous jouions était jazz, mais surtout très dansante. Nous reprenions beaucoup les standards américains des années 30 à 50.

A.F. : Dans quels lieux vous produisiez vous ?

D.C. : Les casinos, les bateaux de croisières et les camps américains de l'après-guerre. Les fameux SHAPE étaient les endroits où les fêtes musicales se passaient. Mais il y avait également les salles de bal et les grands bals de société. Robes longues et habits pour les hommes... (rires).

A.F. : Quel genre de musique y jouiez-vous ?

D.C. : Eh bien, toujours ces fameux standards... Mais aussi de la musique typique : mambo, calypso, chacha meringué... très appréciés à l'époque et toujours joués par des combos de 6 ou 8 musiciens, ou des big band de 15 à 25 musiciens...

A.F. : Et puis il y a eu ZOO, FERRE, BECAUD, NICOLETTA...

D.C. : Oui, mais cela est une autre histoire... Je vous parlais de plus ancien. C'est peut-être à cause d'un brin de nostalgie, mais j'ai toujours ce son et ce feeling en moi depuis...