e docteur Petypon a ramené chez lui après une nuit bien arrosée une jeune femme, artiste de cabaret. À son réveil il a tout oublié et découvre la fameuse “môme crevette“ à ses côtés. Celle-ci comprenant qu’elle est tombée chez un homme marié décide de le faire tourner en bourrique. Madame Petypon, bigote accomplie, arrive à son tour. La môme s’est cachée et fait une apparition tonitruante au nez et à la barbe de tous sous l’apparence de l’ange Gabrielle. Madame Petypon impressionnée par cette apparition décide de suivre à la lettre les ordres que l’ange Gabrielle lui dicte. C’est le début du cauchemar pour Petypon.
Mais un malheur n’arrivant jamais seul, survient le général du Grêlé, oncle de Petypon.
De retour d’Afrique il ne connait pas la femme de son neveu. Il surprend la môme crevette en petite tenue et pense avoir à faire à Madame Petypon. Il l’invite sur le champ au mariage de sa nièce dans son château. La môme crevette joue le jeu et se retrouve donc l’épouse de Petypon incapable de démentir. Ils se rendent au mariage et la môme crevette va accumuler les gaffes et les gags. Petypon, comme le spectateur, est emporté malgré lui dans une spirale infernale, jusqu’à l’arrivée de Gabrielle sa vraie femme…
Nous sommes dans un univers fantasmé, improbable et donc réjouissant.
Un univers dans lequel je me retrouve pleinement, en parfaite adéquation avec mon sens de l’humour, mon amour des mots d’esprit et des situations burlesques.
Feydeau propose ici un théâtre total, dans lequel le fond et la forme ne sont jamais laissés au détriment l’un de l’autre.
Passionné par la technique, l’écriture et le chant il sait se servir comme personne de tout cela pour organiser des catastrophes dans lesquelles il précipite ses personnages avec délice.
Le travail sera très chorégraphique. Pas de superflu, rien qui ne soit directement en lien avec la situation proposée et l’action qui en découle.
Il y a dans l’écriture de Feydeau une grande musicalité.
Très souvent, les répliques sont courtes, directes, froides, méchantes ou cinglantes et elles servent l’action. Le décalage est chez Feydeau une seconde nature et je suis moi même très à l’aise avec cette façon particulière d’aborder une situation dans ce qu’elle a d’abord de plus réaliste pour ensuite mieux la dynamiter avec recul et un plaisir du second degré.
C‘est un théâtre qui décrit la folie humaine qui naît de rapports sociaux contraignants. Du pain béni pour l’auteur qui ne songe ici qu’à décaler les situations quotidiennes qu’il dramatise à l’extrême, qu’il tord jusqu’à ce que ça craque. Seul le mensonge peut sauver les personnages. Les situations s’emballent et pour s’en sortir le personnage devra marcher sur ce qu’il a de plus sacré, mentir ouvertement… en entendant les salles crouler de rire.
Il y aura quelques « décalages », voir des dérapages contrôlés dans la mise en scène, ceux-ci seront également lisibles dans le travail scénographique et les costumes.
Le spectacle sera déambulatoire avec un lieu différent par acte et entre les actes sur le parcours des spectateurs de courtes scènes issues de pièces de Feydeau (autour de la thématique de la scène de ménage) ou de brefs arrêts musicaux autour de kiosques à musique où prendront place musiciens et chanteurs pour donner un aperçu de ce que sera la revue proposée au deuxième acte à l’occasion du mariage de la nièce du baron de Grêlé donné dans le magnifique jardin du château.
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